Embarquement à bord du Dorothy de Sunderland

13 janvier 1917 Par Albert Vigon 0

Embarquement le 1er janvier à bord du Dorothy de Sunderland à 13 heures. Le bateau lève l’ancre à 16 h 30 pour venir mouiller en rade de l’Estaque d’où il part le 2 janvier à 17 heures.
Nous sommes à bord d’un bateau de marchandise à peine aménagé, sale et trop petit. Même les officiers sont dans des cabines de fortune. Les radeaux sont à peine installés, en arrivant il faut s’occuper de les pendre et de les mettre en place. Il paraît que nous serons escortés par des torpilleurs.
Nous avons un vent affreux, s’il dure nous allons être salement secoués en pleine mer.
Jusqu’à présent tout va bien, pas de malades.

embarquement depart de Marseille

Mardi 2 à 18 h.
Partons. Nuit calme. Un peu secoués au départ. Quelques secousses produites par les radeaux qui roulent sur le pont nous font lever en sursaut, mais ce ne sont pas encore les sous-marins.

3 janvier
En mer, en vue de la Cote d’Azur. Mer calme. Vers le soir 18 h sommes en vue de Cap Corse. Descendons au Sud en longeant la Corse et laissons l’île d’Elbe à gauche à 20 heures.

4 janvier
À 5 heures longeons la Sardaigne. Côte très accidentée et pittoresque. Marchons au Sud toujours. Vers le soir on quitte les côtes de Sardaigne et à 20 h 45 on file au sud vers Bizerte.

5 janvier
5 heures. En vue de la Tunisie, toujours au sud, 3 torpilleurs devant nous. À 7 h 1/2 on vire vers l’Est, on paraît se diriger vers la Sicile. À 13 h on est doublé à babord par un petit croiseur à hauteur de l’île de Pantelleria. Vers 21 heures on rencontre un bateau hôpital.

On marche vers l’Est

6 janvier
Depuis hier ça roule assez fort. On ne voît plus de côte, on part Sud-Est, puis vers le soir Nord-Est. On laisse Malte à gauche. On se dirige vers les Cyclades. À 14 heures on signale un sous-marin à 25 milles de Malte !

7 janvier
Mer houleuse, nous tirons des bordées toute la journée au lrge de l’île de Crête car ne pouvant arriver assez tôt ce soir pour passer le canal de Cérigo à travers les Cyclades, nous devons attendre demain soir. On tourne et retourne sur place.
Journée triste, mais grosse mer.

8 janvier
On marche vers l’Est et un peu plus vite qu’hier. Pluie et mer agitée. Vers midi on voit la terre ! Soulagement, mais gare aux sous-marins car nous sommes dans les îles.
Vers 21 heures nous abordons le canal de Cérigo.

9 janvier
Temps couvert. Filons à travers les Cyclades. La mer se calme un peu. On reparle des sous-marins. Un peu d’émotion. Appétit formidable.

10 janvier
Toujours même spectacle splendide. Mer calme, beau soleil. On voit tout autour de soi des îles. On se croirait dans un lac. On arrive en vue de Salonique à 10 heures.
Débarquement à 13 h 30 par remorqueur. On se rassemble à Salonique et l’on va au camp de Zeintenlick, à 6 km de la ville dont on traverse un quartier absolument infect.
Paysage dénudé, pas un arbre, pas même des broussailles. Installation sous la tente.

12 janvier
Camp de Zeintenlick. Orage, inondation. Vent affreux. Dans l’après-midi beau temps.

13 janvier
Camp de Zeintenlick. Beau temps chaud dans la journée. Le soir je visite Salonique. Ville bizarre, d’un mélange inouï, on y voit toutes les races et toutes sorte de gens.

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